Quand le « scepticisme » se rigidifie : plaidoyer pour une raison ouverte

Par défaut
Texte publié dans Le Soleil du 15 janvier 2026

Ce texte est cosigné avec David Baril, Étienne Ferron-Forget et Sébastien Bilodeau

Le mouvement sceptique occupe historiquement une place essentielle dans l’écosystème intellectuel : il rappelle l’importance de la rigueur méthodologique, du jugement critique, de la vérification des sources et de la prudence face aux affirmations extraordinaires. À ce titre, il constitue un rempart précieux contre la désinformation, les pseudosciences, les dérives complotistes et l’obscurantisme. Or, force est de constater que les représentant·es des Sceptiques du Québec (SdQ) semblent aujourd’hui s’éloigner de cet idéal, délaissant les recherches scientifiques et l’apport d’expert·es, au profit de citations douteuses et d’opinions parfois réactionnaires. Cette dérive est d’autant plus regrettable qu’elle fragilise le rationalisme lui-même, qui aurait pourtant grand besoin d’un tel mouvement, crédible et pluraliste face à la déferlante de fausses nouvelles en ligne.

la suite…

Discuter raisonnablement plutôt que de s’insulter

Par défaut

Ce texte est cosigné avec Sébastien Béland, professeur agrégé au Département d’administration et fondements de l’éducation, Université de Montréal.

Un balado regroupait récemment des gens discutant de l’impossibilité de raisonner ceux qui adoptent des positions antiscientifiques. Un intervenant disait même que la recherche montrait clairement qu’ils ne changeraient jamais d’idée, peu importe la nature des évidences qu’on leur apportera. Pour reprendre les termes de Francis Bacon, « l’entendement humain, une fois qu’il a épousé une opinion, conduit toutes choses à la soutenir et à s’y accorder ». Biais de subjectivité, biais d’ancrage ou biais de confirmation, les causes d’égarements de notre pensée sont nombreuses, non parce que nous sommes idiots ou que nous sommes de mauvaise foi, mais il s’agit de notre condition d’espèce. Le sociologue Gérald Bronner, ainsi que le biologiste et vulgarisateur scientifique Thomas C. Durand ont récemment publié des ouvrages tout à fait passionnants sur le sujet. Cependant, le fait de rester campé coûte que coûte sur nos positions n’est pas inéluctable.

>> Lire la suite sur le site du Devoir