Quand le « scepticisme » se rigidifie : plaidoyer pour une raison ouverte

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Texte publié dans Le Soleil du 15 janvier 2026

Ce texte est cosigné avec David Baril, Étienne Ferron-Forget et Sébastien Bilodeau

Le mouvement sceptique occupe historiquement une place essentielle dans l’écosystème intellectuel : il rappelle l’importance de la rigueur méthodologique, du jugement critique, de la vérification des sources et de la prudence face aux affirmations extraordinaires. À ce titre, il constitue un rempart précieux contre la désinformation, les pseudosciences, les dérives complotistes et l’obscurantisme. Or, force est de constater que les représentant·es des Sceptiques du Québec (SdQ) semblent aujourd’hui s’éloigner de cet idéal, délaissant les recherches scientifiques et l’apport d’expert·es, au profit de citations douteuses et d’opinions parfois réactionnaires. Cette dérive est d’autant plus regrettable qu’elle fragilise le rationalisme lui-même, qui aurait pourtant grand besoin d’un tel mouvement, crédible et pluraliste face à la déferlante de fausses nouvelles en ligne.

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Une élection sans climat, ou l’urgence d’agir face à l’indifférence politique

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Texte publié dans Le Devoir du 9 janvier 2025

La démission de Justin Trudeau comme premier ministre et chef du Parti libéral du Canada a suscité les inévitables réactions de la part des chefs d’opposition à Ottawa. Pourtant, à l’exception notable d’Yves-François Blanchet, aucun n’a abordé la question climatique.

Le chef du Bloc québécois a critiqué avec raison l’inaction du gouvernement libéral en matière de lutte contre les changements climatiques, car le bilan de M. Trudeau sur la question est largement de l’ordre du symbolique : qu’il semble loin, le temps où ce dernier, fraîchement élu, était reçu comme une star du rock lors de la COP21, à Paris ! Alors, certes, comme le soulignait Alexandre Shields dans ces pages il y a quelques jours, le Québec est très loin d’être irréprochable en matière de lutte contre les changements climatiques. Toutefois, il est difficile de ne pas relativiser ses lacunes lorsqu’on les compare aux insuffisances du gouvernement fédéral.

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La bataille climatique, mère de toutes les batailles

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Publié dans Le Devoir du 22 septembre 2022

La campagne électorale arrive peu à peu dans la dernière ligne droite. Et, si l’on en croit les sondages d’opinion, une majorité de Québécoises et de Québécois songe à se tourner vers des partis « climato-attentistes » le 3 octobre prochain. Pourtant, face aux changements climatiques, rien ne justifie de souscrire à des demi-mesures qui ne font que prolonger le climato-scepticisme des incrédules d’hier et le climato-négationnisme des extrémistes d’aujourd’hui.

Les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sont néanmoins sans appel. Depuis plus de 30 ans, les scientifiques se relaient pour réaffirmer l’urgence d’intervenir. Nous savons que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) vont devoir cesser d’augmenter d’ici 2025, puis diminuer de moitié d’ici 2030 par rapport au niveau de 2019 de telle sorte que la hausse moyenne des températures n’excède pas 1,5 °C. Il y a donc urgence d’agir, mais un gouvernement caquiste renouvelé pour quatre années ne permettra pas de participer à l’atteinte de ces cibles.

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Discuter raisonnablement plutôt que de s’insulter

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Ce texte est cosigné avec Sébastien Béland, professeur agrégé au Département d’administration et fondements de l’éducation, Université de Montréal.

Un balado regroupait récemment des gens discutant de l’impossibilité de raisonner ceux qui adoptent des positions antiscientifiques. Un intervenant disait même que la recherche montrait clairement qu’ils ne changeraient jamais d’idée, peu importe la nature des évidences qu’on leur apportera. Pour reprendre les termes de Francis Bacon, « l’entendement humain, une fois qu’il a épousé une opinion, conduit toutes choses à la soutenir et à s’y accorder ». Biais de subjectivité, biais d’ancrage ou biais de confirmation, les causes d’égarements de notre pensée sont nombreuses, non parce que nous sommes idiots ou que nous sommes de mauvaise foi, mais il s’agit de notre condition d’espèce. Le sociologue Gérald Bronner, ainsi que le biologiste et vulgarisateur scientifique Thomas C. Durand ont récemment publié des ouvrages tout à fait passionnants sur le sujet. Cependant, le fait de rester campé coûte que coûte sur nos positions n’est pas inéluctable.

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Clore le cycle ouvert il y a 10 ans

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Ce texte a été publié dans La Presse du 14 juin 2021.

Il y a 10 ans, Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe quittaient le Parti québécois (PQ). Ces trois députés seront rejoints le lendemain par un quatrième, alors méconnu, Jean-Martin Aussant, qui allait fonder Option nationale dans les semaines suivantes. L’hémorragie aurait pu être bien pire pour le Parti québécois : si la fronde avait conduit les autres élus en réflexion à démissionner du caucus, nul ne peut concevoir ce qui serait advenu.

On sait comme les crises sont l’occasion pour les institutions de démontrer leur robustesse et celle-ci n’a pas fait défaut : malgré ces départs, le PQ allait ensuite gagner les élections, mais peu à peu perdre d’influence. Une décennie plus tard, et alors que le mouvement indépendantiste peine à refaire de gains, un bilan de cette séquence mérite d’être opéré.

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« C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante »

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Ce texte est un résumé de l’intervention présentée à la table ronde « Re-Penser l’action indépendantiste » organisée par les IPSO. Dans le texte « Parce qu’il est encore temps de rêver », une lecture positive du mouvement était défendue : malgré le défaitisme, voire le « démissionisme » post-référendaire, l’expérience Option nationale a montré qu’il était encore possible de mobiliser autour de la question indépendantiste. Toutefois, notre intervention nuance cette lecture optimiste et souligne des défis qui n’ont pas été relevés depuis 1995, ou qui l’ont été insuffisamment.

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Florent Michelot. « C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante ». « Re-penser l’action politique indépendantiste », Intellectuels pour la souveraineté, Oct 2020, Montréal, Canada. ⟨hal-02986000⟩

Retrouver le chemin de la raison face aux pseudosciences

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Le texte est une réponse au texte « Les firmaments suspects de l’astrologie », un extrait de la revue Liberté publié dans Le Devoir du 27 octobre 2020 dans la rubrique Des Idées en revues.
Ce texte est cosigné avec Sébastien Béland et Serge Larivée, respectivement professeur agrégé au Département d’administration et fondements de l’éducation et professeur titulaire à l’École de psychoéducation, Université de Montréal.

Des fausses nouvelles au complotisme, l’actualité illustre chaque jour la nécessité de bâtir un solide socle de compétences face à l’information, aux médias et au numérique. Plus que jamais, ce socle, qui devrait mobiliser une pensée critique rigoureuse et exiger une maîtrise minimale des principes scientifiques (ses méthodes, ses épistémologies, son histoire, etc.), doit nous permettre de déconstruire les argumentations, y compris en nous confrontant à nos propres failles, ces fameux biais cognitifs. En effet, nous sommes toutes et tous portés à avoir des « distorsions » dans le traitement de l’information, et ce, non parce que nous serions trop crédules ou stupides, mais parce qu’il s’agit de notre condition d’humain. Ainsi, connaître ses biais est un premier pas pour une discussion éclairée dans l’espace public, une discussion qui s’appuie sur le choc d’argumentations étayées et raisonnées.

Devant les prétentions à bâtir une éthique de l’astrologie, comme s’y évertuent dans un style plutôt hermétique les autrices du texte « Les firmaments suspects de l’astrologie », l’exercice de déconstruction n’est pas une mince affaire, mais nous tenterons ici d’y répondre. En effet, ce texte présente sous ses plus beaux atours une pseudoscience. L’astrologie (qu’on la dise capitaliste, socialiste ou d’extrême centre) ne peut se réclamer de l’éthique : il s’agit d’une croyance dont la validité scientifique est nulle.

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Parce qu’il est encore temps de rêver

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Esquisse sur la naissance d’Option nationale ou la tentative de rénover l’engagement militant par la base

À paraître dans le prochain
numéro de l’Action nationale

Ce texte sera publié dans le numéro de juin de l’Action nationale, consacré aux 25e anniversaire des Intellectuels pour la souveraineté.

Par cet article, nous souhaitons engager une réflexion sur la naissance d’Option nationale (ON), un mouvement qui, en dépit de ses nombreuses faiblesses, a représenté un espoir pour une part non négligeable de la population. Ce parti arrivait sur la scène politique 16 ans après le dernier référendum et allait insuffler un inattendu vent de fraîcheur militant chez une génération qui n’avait pas pu s’exprimer au référendum de 1995. À défaut d’estimables succès, on ne peut en nier les succès d’estime. Observons donc sereinement les faits. D’aucuns avaient considéré qu’après la naissance de Québec solidaire, ON avait été un coup de massue fatal sur le fragile édifice indépendantiste, voire la mère de tous les maux: cela est probablement tout à fait exagéré. La lente chute du Parti québécois (PQ) ne résulte pas d’une seule cause et l’émiettement du mouvement indépendantiste en de multiples chapelles n’a pas attendu ON ou Québec solidaire QS).

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Michelot, F. (2020). Parce qu’il est encore temps de rêver. Esquisse sur la naissance d’Option nationale ou la tentative de rénover l’engagement militant par la base. L’Action Nationale, CX(6), 140–153.

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Aux pédagogues ingénieux et utiles en temps de crise

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Lettre publiée dans L’aut’ journal.

L'aut'journal - La FIQ à Legault : cessez les arrêtés et... | Facebook
Publié le 25 mai 2020

Dans une lettre en date du 20 mai dernier, M. Réjean Bergeron alertait les enseignantes et enseignants du risque d’être les « idiots utiles ». La posture de l’auteur, qui ne se limite pas à ce texte, est constante : le numérique en éducation est un danger. Si le numérique n’est pas, en soi, la solution éducative miracle, il n’est pas, par nature, le grand péril. Cette absence de nuance, qui confine au faux dilemme, mérite d’être déconstruite.

L’auteur du texte, qui débute en abordant le rôle des institutions d’enseignement, déporte adroitement son regard sur les conseillères et conseillers pédagogiques des établissements. Plutôt que d’évoquer la question de façon systémique, un ton subtilement accusateur est adopté pour dénigrer le travail de ses employés qualifiés moqueusement de « “penseurs” » (l’auteur utilise volontairement le terme entre guillemets) « à la solde » des institutions, des seigneurs du numérique, des GAFAM, alouette.

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