Faut-il détruire le square Viger?

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Logo de CIBLChronique culturelle estivale au 4@6 de CIBL 101,5 Montréal

La culture n'est pas une marchandiseDepuis plusieurs jours, c’est le square Viger, de Daudelin, qui est au cœur de la tempête. L’agora du square Viger sera démolie dans le cadre d’un projet de 30 millions afin de réaménager les abords du futur CHUM.
Faire société, ce n’est pas retapage et coup de com. Faire le beau, oui, encore faut-il qu’il fasse sens. Le square Viger, refait ou non, est aujourd’hui le symbole de la question itinérante. Ce n’est pas l’artiste qui en est à l’origine qui lui a accordé ce sens. Ce sont les interactions sociales. C’est la précarité qui a forcé une œuvre architecturale à recouvrir ce nouveau sens.

La culture n’est pas une marchandise – Le square Viger (18 juin 2015) par Florent Michelot sur Mixcloud

« D’égoïstes prévaricateurs »

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« Si nous substituons, déclarait Mirabeau, l’irascibilité de l’amour-propre à l’énergie du patriotisme, les méfiances à la discussion, de petites passions haineuses, des réminiscences régulières à des débats réguliers, et vraiment faits pour nous éclairer, nous ne sommes que d’égoïstes prévaricateurs. » Il ressort alors du conflit social, qui a conduit au désastre de ce soir au Conseil de ville, que les deux principales parties manquent d’une sérieuse culture politique, car elle est avant tout une culture de l’écoute.

Mirabeau (1749-1791), dit l’hercule de la liberté, révolutionnaire français

Le respect dû aux travailleurs n’est pas moins respectable que celui que l’on doit aux institutions démocratiques. Toutefois, la question n’est plus celle de la complémentarité des modes d’action et de revendication, elle est dans la capacité à appréhender la sphère parlementaire comme étant l’ultime lieu d’échanges, pacifique, des opinions qui parcourent la société.

Il y a, dans les exactions de ce soir, un relent d’antiparlementarisme quasi factieux jouant du « tous pourris » de la classe politique et qui cause un tort terrible au syndicalisme. Et la population ne s’y trompera probablement pas, annihilant par la même les derniers maigres espoirs de voir celle-ci souscrire aux revendications syndicales. A contrario, la stratégie du mépris systématique de la fonction publique par ceux de ces élus qui ont si longtemps dénigré leurs agents a atteint un cul-de-sac dont on paiera longtemps le prix, collectivement. Soûlés par des années de néolibéralisme au vitriol, vous avez réussi à présenter vos fonctionnaires, vos agents de terrain, comme des parias. Imaginiez-vous un seul instant ne pas en pâtir?