Chronique hebdomadaire à La Matinale de CIBL 101,5 Montréal
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Au-delà des bonnes intentions, la politique de transition des VLS vers l’électrique est-elle une bonne solution?
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Le comité exécutif a présenté le 16 août dernier les modifications à sa Politique de gestion contractuelle (PGC), visant entre autres à prévenir les tentatives de collusion dans l’attribution de contrats par la Ville et d’imposer de plus lourdes conséquences pour ce type d’infraction. Je passe ici en revue les différentes règles qui ont été adoptées afin de donner plus de mordant au contrôle a priori et a posteriori… et ce qu’il manque!
Il serait donc désormais avéré que l’Institut de la statistique du Québec mettra sous peu la hache dans son site hébergeant la Banque de données des statistiques officielles sur le Québec (BDSO). Après le démantèlement, au bout du compte, de la vocation de recueil de données sérieuses de Statistique Canada par l’abandon du questionnaire long de recensement, c’est évidemment une détestable nouvelle pour la prise décision éclairée. Une de plus.
D’abord, sur la forme, puisque les données recueillies par l’ISQ sont le produit de l’administration et sont financées à même les contributions de tous les citoyens, il y a lieu de s’interroger sur une décision qui va à l’encontre du mouvement général de libération des données. Les données de l’ISQ ne comportent rien qui puisse compromettre la raison d’État et ne contiennent pas plus de données confidentielles qui mettraient à mal la vie privée des Québécois. Afin d’illustrer ce repli à contre-courant, citons notamment le classement Global Open Data Index, produit par la World Wide Web Foundation, qui a ainsi rétrogradé le Canada de la 12e à la 22e place mondiale en ce qui concerne l’ouverture des données au public, entre 2013 et 2014. Rien à voir donc avec les prétentions de « Gouvernement ouvert » formulées par l’exécutif actuel.
Ensuite, et surtout, il y a lieu de dénoncer les conséquences désastreuses de cette décision. Le fait d’envisager de faire payer le demandeur pour accéder aux données procède de cette même lente marche vers la conception mercantile du rôle de l’État où ce dernier traite les citoyens comme des usagers ou pis, des clients. En outre, cette résolution conforte la mécanique anti-intellectuelle d’une partie des acteurs de notre scène politique. Se confortant dans le culte du « gros bon sens », on voudrait nous faire croire qu’il est inutile de développer une pensée nuancée et argumentée puisque la pensée magique de l’évidence coulerait de source. Malheureusement pour eux, la réalité est plus complexe et c’est justement ce que l’accès libre aux données de l’ISQ nous permettait d’effleurer. On connaît la justesse du bon mot de Francis Bacon, l’un des pères de la méthode empiriste : « le vrai pouvoir, c’est la connaissance ». Universitaires, associations, partis politiques, chercheurs indépendants ou acteurs économiques : en tuant la BDSO, le gouvernement vient désarmer ceux qui auraient l’outrecuidance de vouloir discuter (la disputatio) le discours ambiant.
Texte publié dans l’édition du 10 juin 2015 du quotidien Le Devoir
À quoi bon avoir des règles internes si un citoyen, aussi méritant soit-il, peut prendre le contrôle d’un appareil partisan, comme il ravirait un sceptre, sans même que cela ne pose de questions de démocratie interne ? Les statuts et règlements, ce n’est pas une simple question d’intendance, c’est l’outil qui garantit la pérennité de l’association volontaire d’individus éclairés, sur la base d’une organisation librement consentie.
Alors que le cynisme à l’égard de la classe politique et la défiance vis-à-vis des institutions ravage les démocraties occidentales depuis plusieurs décennies, les expériences populaires qui fleurissent à travers le monde devraient pourtant être un phare pour nous tous, militants ou non. Pour paraphraser Tocqueville, les moeurs politiques changent, car « dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ». Par l’adhésion qu’elles emportent, ces expériences populaires témoignent en creux du fait que l’ancienne manière de faire de la politique est morte et qu’un souffle nouveau doit jaillir dans l’arène politique.
Le Bloc québécois n’a rien de Buckingham Palace. M. Duceppe a une place majeure dans le mouvement souverainiste contemporain, mais rien ne justifie qu’il bénéficie, tel un monarque de droit divin, d’un quelconque droit de préemption sur la cause qu’il défend à Ottawa. Surtout, ce retour n’augure rien de bon quant à l’absence d’aggiornamento et même d’autocritique après la lourde défaite de 2011. Et ce n’est certainement pas le « pardon » accordé au Québécois à l’égard de la vague orange qui arrangera les choses.
Aussi, devant les défis électoraux qui arrivent à grands pas, le Bloc québécois doit garantir le parallélisme des formes afin d’accréditer la légitimité de son principal porte-parole. Les technologies de l’information accordent aujourd’hui suffisamment de latitude pour pallier cet impondérable. Pour ce faire, le minimum serait que le Bloc propose un vote de confiance électronique à ses militants.
Les disparus ne sont pas faits pour être pleurés, mais pour être continués. Par milliers, nous reprendrons le flambeau de « Monsieur » Parizeau, l’Homme d’État à la stature hors-norme, le combattant à l’écoute constante de ses concitoyens et le pédagogue à l’humilité désarmante.
De ma poignée de modestes rencontres, me reviennent ces quelques mots, comme un encouragement au progrès par l’élévation de l’esprit : « jeune homme, ne mésestimez pas votre intelligence et celle de votre génération ».
Lettre publiée dans l’édition de juin du mensuel communautaire sherbrookois Entrée Libre
De mai 2011 à avril 2014, le mouvement indépendantiste a connu deux défaites cinglantes. Prises sur le temps long, ces deux résultats tendraient, selon certain, à confirmer le déclassement durable du mouvement indépendantiste. En effet, hormis l’occasion de l’élection de 2012 — à appréhender d’ailleurs dans un contexte extraordinaire de crise sociale — le Parti québécois n’a plus été le parti préféré des Québécois depuis 1994.
Est-ce à dire que l’échec des deux principaux véhicules prétendant au monopole du discours indépendantiste traduit par lui-même l’échec d’un mouvement, de son idée, de l’espoir qu’il entretient ? Certainement pas, car si l’échec discursif autant que stratégique est réel, l’Histoire démontre que bien des mouvements populaires se sont relancés en renouvelant leurs approches.
« Unité ! », crient encore certains, comme une incantation divinatoire pour ainsi éviter de penser. Depuis son origine, l’indépendantisme contemporain est pourtant parcouru de deux grandes tendances, progressiste ou conservatrice, que rarement les hiérarques souverainistes ont su authentiquement fédérer. Certains se revendiquent de la première, car la Gauche porteraient en elle la volonté de dépassement de l’ordre établi, volonté découlant elle-même de l’idée que rien ne peut résister aux progrès de l’esprit humain. Les seconds expliqueront leur attachement au projet national sur la base d’autres raisonnements propres à la préservation de l’identité. Ils ne sont probablement pas nécessairement moins valides, mais seraient plutôt complémentaires, puisqu’ils attaquent par leurs raisonnements certains angles morts des discours de gauche.
Cette pluralité d’analyses, quoi qu’il en soit, est souhaitable et, contrairement à ce que laisse penser le paysage politique, ce point de vue est largement partagé parmi bien des indépendantistes de tous bords. Ainsi, contrairement à la fausseté répandue de façon intéressée que Québec solidaire pose des conditions à l’indépendance, on doit enfin accepter de voir dans le parti de gauche la volonté légitime d’inscrire la démarche indépendantiste dans un courant qui rejoindra mieux les aspirations de certains. De la même manière, la nature de l’Action démocratique du Québec, dans ses premières années, correspondait à cette réalité. Cela ne l’a pas empêché de souscrire à la campagne du Oui en 1995.
Quid, dans ce cas, du Parti québécois né de cette volonté ambitieuse de fédérer les forces indépendantistes dans une seule et même organisation ? Historiquement, la méthode a été privilégiée, notamment en considération du système électoral dans lequel nous évoluons. Ceci étant, cette approche n’est pas indépassable. Étant donné les résultats très nuancés de cette stratégie partisane depuis 1968, il n’est d’ailleurs pas illogique qu’elle soit légitimement remise en cause. Aussi, s’il est clair que le mouvement indépendantiste est pluriel et que cette pluralité constitue une richesse, il faudra bien accepter un jour ou l’autre que, de façon organique, la tendance à sa nucléarisation est inexorable. Il est en fait ridicule de considérer que des votes puissent se diviser ou s’additionner comme des marchandises lors d’un inventaire d’épicerie.
Le choix des électeurs est plus complexe : premièrement, plusieurs études amènent à considérer que leur comportement dans l’isoloir est déjà très fortement conditionné par l’intériorisation du mode de scrutin en vigueur ; deuxièmement, les transferts de voix d’un « tiers parti » au PQ, notamment, ne seraient pas si automatiques et l’on pourrait supposer qu’à défaut de formation qui leur correspond, beaucoup d’électeurs s’abstiendraient. En bref, la politique est une des rares situations ou 1+1 ne fait pas nécessairement 2.
En outre, indépendamment de ce que l’on peut penser des idées développées par QS et ON, ces partis apportent beaucoup au civisme et à la cause de l’indépendance en mobilisant une masse importante de la population, parfois en marge du jeu politique dominant, tout en compliquant à leur corps défendant la représentation d’une certaine option indépendantiste en chambre. Le défi actuel consiste donc à mettre en place une organisation qui multipliera leurs efforts sincères de pédagogie, de persuasion et de renouvèlement au profit du rassemblement. Pour y répondre, certains parlent de primaires ou encore de contrats de gouvernement.
Quoi qu’il en soit, c’est une lapalissade d’affirmer que les résultats du 7 avril dernier n’ont pu contenter aucun souverainiste. Les raisons de cette insatisfaction sont certainement diverses, mais la déception est bien partagée. Du fait des accusations de division du vote ou de culpabilisation de l’électorat, des rancœurs en sont même probablement nées, peut-être durablement. Aussi, si l’on souhaite en tirer des leçons et resserrer les rangs pour converger vers notre objectif commun, il faut que le PQ, QS et ON agissent rapidement en faisant l’effort de dépasser ces résultats qui ne sont que le produit négatif d’une conception archaïque du jeu électoral et non le seul fait de la mauvaise foi de l’un ou de l’autre. La prochaine fois pourrait être pour très bientôt si tant est que l’on crée enfin collectivement les conditions de la collaboration plutôt que de cultiver les prés carrés : résolument, l’indépendance doit prendre la voie de la convergence dans le respect de sa diversité.
Cher Jean-Martin, cher ami,
Tu as fait aujourd’hui le choix de quitter la vie politique pour prendre soin de ceux qui te sont chers. Certains ne comprendront pas cette décision et d’autres peut-être t’accusent déjà de lâcheté. Pour évoluer depuis plusieurs années dans ce milieu et pour en avoir souffert moi-même récemment, je puis dire que la conciliation de la vie politique et de la vie privée est un exercice d’équilibriste qui ne convient guère à ceux pour qui le respect de soi passe avant l’ambition. Voici que tu en fais désormais le constat amer, comme bien d’autres avant toi, et il se pose maintenant la question de la pérennité de la formation politique que tu as initiée il y a près de deux ans.
Dans les heures qui suivaient ton retrait, un magazine parlait donc des orphelins d’Option nationale et de ces quelques milliers de personnes pour lesquels la démarche que tu as entreprise a éveillé une ferveur mésestimée ou trop longtemps contenue. Il serait pourtant faux de croire que tu laisses en chantier ce projet un peu fou. En parcourant le Québec et ses établissements d’enseignement, tu as fait une oeuvre de pédagogie dans laquelle bien peu s’étaient lancés depuis de longues années. Rien que pour cela, pour ces innombrables graines que tu as pris soin de semer avec patience et désintéressement, tu mérites notre plus grand respect.
Comme le disait M. Parizeau à l’occasion du dernier Congrès, Option nationale avait la capacité d’être un levain dans la pâte, c’est-à-dire de révéler un potentiel de croissance jusque-là dormant. En effet, ON est née d’une volonté latente de changer de paradigme sur la base d’une refondation citoyenne fondamentalement participative. D’ailleurs, il n’eut pu avoir de plus bel exemple que le printemps érable pour traduire ce désir de réappropriation du politique par la société civile. C’est pour cette raison que si les indépendantistes québécois ont perdu, à l’occasion de ton départ, l’un de leurs meilleurs porte-voix, il ne faudra pas oublier pour autant que la force de notre projet repose sur le plus grand nombre, qui la structure et la soutient. Cette dialectique entre idées et soutien populaire constitue donc la pierre angulaire du mouvement souverainiste, car ces deux aspects sont à la fois interdépendants, constitutifs l’un de l’autre, et servent l’idéal humaniste. Comme le disait Hugo dans Les Misérables, « au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté ».
Alors, certes, ton départ pourrait sembler être un coup dur pour tout un pan de la société qui découvrait la politique grâce à ON. En quittant le PQ, tu avais dressé le constat qu’un trop grand attachement à un véhicule partisan pouvait conduire au sectarisme; de la même manière, ne pas réussir à dépasser ce que tu as incarné à ON confinerait à l’idolâtrie. Mais, optimiste, j’ai espoir que ton annonce sera aussi l’occasion recherchée pour que les citoyens s’emparent un peu plus massivement du mouvement renaissant, afin de projeter plus loin cette nouvelle demande de gouvernance.
Jean-Martin, j’ai eu le plaisir de participer, à tes côtés, à la fondation de quelque chose qui nous a dépassés, non sans erreurs parfois, mais toujours avec coeur et honnêteté. Si les aléas de la vie nous ont un peu éloignés ces derniers mois, je continuerai de vouer un respect inestimable pour ton effort désintéressé à cette cause que nous partagions et que nous chérissons encore.
Si j’ai bien compris, tu viens de nous dire « à la prochaine fois » : il y a longtemps que ces quatre mots n’avaient résonné avec autant d’espoir. Bonne continuation et à très bientôt.